Dès le 6 juin 1944, la plaine au nord-est du hameau de Lirose est investie par les parachutistes et voit l’avancée des premiers artilleurs Écossais.

Le 23 juin, sur ordre de l’état major allemand, la partie nord du village (la rue de l’église) doit être évacuée en deçà de la voie ferrée. C’est une suite de canonnades, d’attaques et de contre-attaques jusqu’à l’évacuation générale ordonnée le 13 juillet par les soldats allemands et c’est le début de l’exode pour les familles qui doivent tout quitter.

Pour libérer la rive droite de l’Orne et étendre le front, l’opération Goodwood est déclenchée. Nous sommes le 18 juillet, il est 6 h 15 du matin. 234 bombardiers alliés, Halifax et Lancaster, déversent 1217 tonnes de bombes sur Sannerville. La commune, dévastée, est transformée en paysage lunaire.

Le 19 juillet 1944, un char sherman patrouille devant le château de Banneville

Il ne reste plus rien ou presque des 133 habitations du village. Et pourtant la bataille n’est pas terminée. Sur les collines du Maizeret, les combats continuent.

L’ennemi ne lâchera prise définitivement devant la 4th Special Service Brigade que le 17 août.

Après la libération complète de la France, la commune de Sannerville est citée à l’ordre du Régiment : “Village anéanti au cours de la bataille de Caen. A supporté avec stoïcisme les plus rudes coups du sort. S’est remis au travail avec courage et ardeur pour revivre”.

La commune de Sannerville est détentrice de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

(source)

http://www.cap14.com/sannerville44/images/planes02.jpg

L’association « Libération de Sannerville 1944-2004 » a été créée en mai 2003 pour mettre en place les manifestations prévues à Sannerville à l’occasion du 60ème anniversaire du débarquement des forces alliées et de la libération.

Visitez le site Internet de l’association et découvrez la vie à Sannerville pendant la seconde Guerre Mondiale.

A l’entrée de l’église, une plaque commémorative, posée en 1912, honore la mémoire des soldats de la paroisse morts sous les drapeaux.

Plaque commémorative 1870

La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 28 janvier 1871) opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l’Allemagne, qui n’était alors qu’une fédération d’États quasi-indépendants.

La défaite entraîna la chute de l’Empire français.

(source Wikipédia)

oct 07 29
Le tableau

Au temps de son départ en 1991, Monsieur l’Abbé Tresca avait alerté le Père Simon sur la présence dans le presbytère d’un tableau très abimé servant à fermer une trappe de grenier.

Ce tableau a été pris en charge par la commune de Sannerville aux fins de restauration.

Au premier examen, il s’agit d’une toile du XVIIIème siècle, représentant Saint-Martin partageant son manteau pour un pauvre. Le costume du Saint est celui de l’époque de François 1er. C’est donc la copie d’un original du XVIéme siècle.

A la restauration, une peinture apparut au "verso" de la toile : une "Assomption de la Très Sainte Vierge". Nous avons donc là une toile double : peut-être une ancienne bannière peinte comme on en trouve dans l’Eure ou dans le Pays d’Auge.

Cette toile se trouve désormais dans l’église, dans la chaire, pour qu’elle puisse être vue des deux cotés.

Bien que situé sur la commune de Banneville la Campagne, ce château se trouve face aux commerces de Sannerville, au sud de la route de Rouen.

Le château de Banneville après guerre.

 

Extraits de la Statistique routière de Normandie par M. de Caumont (1842)

A deux lieues et demie de Caen, on trouve, à droite, le château et le parc de M. le marquis de Banneville, membre de l’Association normande. Entre Banneville et Troarn, on rencontre des coteaux dirigés du nord au sud : ce sont les premières assises de l’argile bleuâtre, analogue à celle des environs d’Oxford, et qui forme la base du terrain le plus fertile d’une bonne partie du pays d’Auge. Certaines couches de ce banc argileux servent à faire de la tuile. Plusieurs fabriques sont établies sur le bord de la route. Troarn, chef-lieu de canton, sur la Dive, doit son importance à l’abbaye de Saint-Martin. En 1022, Roger de Montgommery, vicomte d’Exmes, fonda à Troarn une collégiale, et, vers 1048, son fils transforma cette collégiale en abbaye, sous l’épiscopat de Hugues, évêque de Bayeux. Le premier abbé du monastère, Durand, entra en fonctions l’an 1059; la même année, l’église fut dédiée par Odon, frère de Guillaume-le-Conquérant, évêque de Bayeux. Quand l’archevêque de Rouen, Odon Rigault, visita l’abbaye en 1250, il y trouva quarante-quatre moines et 3,000 livres de revenu (environ 54,677 livres). Il n’y avait plus que neuf moines quelques temps avant la révolution. La mense abbatiale s’élevait alors à plus de 100,000 francs. Cette abbaye avait un assez grand nombre de patronages, la plupart indiqués dans ma Statistique monumentale. Les Anglais assiégèrent l’abbaye de Troarn et la prirent en 1418, parce qu’elle tenait pour Charles VI. Elle fut, d’après l’abbé de La Rue, fortifiée en 1468, pour la garantir des incursions des Bretons ; elle fut pillée par les protestants en 1562. L’église de l’abbaye est complètement détruite ; elle avait près de deux cents pieds de longueur. Quelques restes de l’ancienne abbaye, convertis en bâtiments d’exploitation, conservent encore leur caractère primitif, malgré les changements qu’ils ont éprouvés : telles sont des fenêtres, qui peuvent dater du XIIIe siècle. L’entrée principale du monastère existe encore. Elle est ornée d’un portique comme la façade d’une église, et surmontée d’un fronton triangulaire. Des contreforts et des niches à statues, surmontées de dais, décorent les deux côtés de cette entrée, qui est plus monumentale que la plupart de celles qui précèdent nos abbayes. Je la crois du XVe ou du XIVe siècle.

Cette porte de l’abbaye de Troarn se trouve aujourd’hui à l’entrée ouest du parc du château de Banneville. On la voit à l’entrée de Banneville la Campagne et de Sannerville, sur la RN 175 en venant de Caen. L’entrée du cimetière militaire de Sannerville-Banneville se trouve juste à coté .

Elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 25 juin 1928.


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Le château de Banneville le 19 juillet 1944 - ©IWM

oct 07 29
Le chemin de fer

QUAND LE TRAIN S’ARRETAlT A SANNERVILLE

En 1881, la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest inaugure la ligne CAEN-DOZULE qui transportera des voyageurs, des marchandises et des bestiaux jusqu’à la seconde guerre mondiale.

C’est un train omnibus qui fait halte à Giberville, Démouville, Sannerville, Troarn, Basseneville et Dozulé.

A Dozulé on pouvait prendre une correspondance qui reliait MEZIDON à CABOURG.

C’était ce train qu’empruntaient les Caennais qui allaient aux bains de mer.

Le train avait d’ailleurs beaucoup de succès l’été, à tel point que la Compagnie dut doubler la ligne régulière par des trains supplémentaires qui ne s’arrêtaient pas à SANNERVILLE afin que les estivants arrivent le plus rapidement possible à CABOURG et aux autres stations balnéaires voisines.

Le premier train de la ligne régulière arrivait en gare de SANNERVILLE vers 7h, il amenait le courrier de CAEN et avait mis 20 minutes. II atteignait TROARN 10 minutes plus tard. II roulait à la vitesse de 30 à 40 km/h et peinait dans la côte de TROARN.

La ligne suivait en gros le tracé de la route nationale CAEN-ROUEN, on peut encore remarquer les petites maisons jaunes qui bordaient la ligne et qui étaient les petites gares.

Le train repassait en direction de CAEN vers 8h30, puis il faisait halte en gare de SANNERVILLE 5 fois dans la journée, en moyenne toutes les deux heures.

Le dernier train repartait sur CAEN à 22h en emportant le courrier.

Sachant que l’été le trafic était doublé, on peut facilement imaginer l’importance de la ligne.

La locomotive marchait au charbon, les feux avant et arrière du train étaient en fait des lanternes à pétrole, remplies et entretenues par un lampiste à CAEN et par un autre à DOZULE.

A chaque station, un employé descendait pour annoncer en criant le nom de la ville, il chargeait les bagages et sonnait les roues pour vérifier qu’il n’y ait pas de fêlure dans l’acier.

Le train comportait 3 classes :

les 1ères étaient fréquentées par les riches et par les officiers, c’étaient des banquettes capitonnées de 3 places.

Les secondes comportaient des banquettes de 4 où l’on pouvait rencontrer les sous-officiers.

En 3ème les soldats et les moins fortunés s’entassaient sur des banquettes en bois de 5 places.

II y avait des compartiments fumeurs et non fumeurs, afin que les messieurs n’incommodent pas les dames.

Le plancher était aménagé pour pouvoir y glisser des chaufferettes de tôle remplies d’eau chaude à CAEN et à DOZULE. C’était un chauffage bien médiocre mais qui fut amélioré vers 1908-1909 par l’installation d’un chauffage central alimenté par la locomotive.

En 1932 l’aller-retour CAEN-TROARN coûtait 3F15.

II existait aussi des trains spéciaux de marchandises. A DEMOUVILLE, il y en avait un tous les jours pendant la saison des betteraves pour alimenter la sucrerie BOUCHON.

La Compagnie mettait à la disposition des voyageurs un train supplémentaire le dimanche suivant Pâques car à CAEN se tenait la grande foire de manèges et d’attractions le long de la prairie.

La Compagnie de l’Ouest fut vendue à l’Etat et c’est la SNCF qui géra la ligne jusqu’en 1940.

En 1943 les allemands prirent les rails et démontèrent la ligne.

Le 18 juillet 1944, la gare est détruite lors de l’opération Goodwood.

19 juillet 1944 - ©IWM

Après le débarquement la SNCF restaura la ligne jusqu’à TROARN seulement mais les voyageurs la boudaient, ils préféraient l’autobus et ils étaient de plus en plus nombreux à posséder leur propre voiture.

En 1952 ce fut l’arrêt définitif de la ligne qui n’était plus rentable. La route avait tué le rail.

La gare existe toujours, au 7 rue de la Libération. C’est aujourd’hui une maison d’habitation.

P. et E. LOUVET

(Article paru dans le bulletin municipal N°12 - Mai 1988)

Bien que le nom de Sannerville (la ville du sel) soit attesté par un document de la fin du XIIIème siècle, notre commune n’avait pas d’emblème jusqu’à une époque récente.

C’est en effet en 1980, à l’occasion des préparatifs de notre jumelage avec l’Angleterre, que les élus, les membres du jumelage et les habitants se sont penchés sur la création d’un blason.

Monsieur Patrice PIARD, domicilié alors dans la commune, a fait d’importantes recherches auprès des archives du Calvados et nous lui devons notre blason qui de l’avis de tous est un petit chef-d’oeuvre conforme à la science héraldique.

Deux léopards qui rappellent que Sannerville appartient à la Basse-Normandie.

Trois fleurs de lys, sur fond bleu, marquant l’attachement à la Vierge Marie, protectrice de notre paroisse.

La nef symbolise l’ancien commerce du sel et le trafic important sur le chemin saulnier.

Le lys et la rose : le hameau de Liroze atteste de la toute première existence administrative sur notre sol.

La barre d’or ornée de trois gerbes de blé rappelle l’activité agricole prédominante de la plaine de Caen.

Voilà le côté héraldique officiel de nos armoiries mais bien sûr nous pouvons laisser libre cours au symbolisme :

Les deux losanges qui ont pour seule fonction de séparer les gerbes de blé pourraient par exemple représenter des tuiles, attestant de la très vieille implantation d’une tuilerie et du profond sous-sol argileux du hameau du Maizeret.

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