(Extraits du Bulletin Municipal N°13 de décembre 1988)

Il faut profiter de la mémoire des plus anciens Sannervillais pour fixer le souvenir des 50 dernières années.

D’après la brochure «Notre Sannerville» éditée en janvier 1945, dans le but de faire connaître notre commune aux différentes autorités susceptible de l’aider après les destructions subies, il existait avant guerre, en ce qui concerne le commerce et l’artisanat :

- 4 épiciers

- 2 boulangers

- 1 boucher

- 1 charcutier

- 1 couturière

- 1 coiffeur

- 1 coiffeuse

- 1 grainetier

- 1 charron maréchal-ferrant

- 1 charpentier

- 1 peintre

- 1 menuisier

- 2 artisans mécaniciens

L’auteur de cet article se souvient fort bien de la couturière, Mme LEMORE qui pendant l’occupation allemande lui taillait des culottes et des chemises dans des pièces de tissu récupérées par ses parents. Mme LEMORE assurait en outre la formation d’apprenties.

M Adrien Philippe, le charron en 1947Un souvenir également du charron, M. PHILIPPE, décédé récemment, et de l’un des artisans mécaniciens, M. Amédée HUET, chez lequel son père pendant cette période d’occupation apportait des pièces de machines de la tuilerie à faire souder et réparer, sans compter la vieille camionnette Renault au gazogène, qui par ces temps difficiles était une cliente assidue de ce garage.

Pour l’industrie, il existait, à l’angle de l’actuelle rue de la Forge et la route de Colombelles, en face de l’ancienne gare, l’usine ROLLIN-DUPRE qui assurait le «créosotage» de poteaux électriques en bois et de traverses de chemin de fer, et employait une quinzaine de personnes. Les ruines de cette usine démolie en juin 44 étaient encore visibles dans les années 53.

Le pays étant construit au pied d’une butte argileuse, l’industrie de la terre cuite a existé depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à l’année 82.

TROIS PERIODES NOUS SONT CONNUES

1ère période : débute à l’époque gallo-romaine puisque, des morceaux de tuiles romaines, l’imprex et la tégula ont été trouvés lors de fouilles archéologiques effectuées de 1970 à 1980, face au hameau de «Lirose». Elles ont été très vraisemblablement fabriquées sur place.

2ème période : Au 19ème siècle au lieu dit «La Tuilerie», à gauche, avant le pont de l’autoroute, en direction de Troarn, il existait une fabrique artisanale de tuiles qui employait quelques personnes et qui a cessé son activité dans les années 30 ; vous pouvez voir les restes d’un ancien four et l’emplacement de l’ancienne carrière.

La tuilerie route de Troarn

 

3ème période : En 1879, un artisan M. FOUCAULT a créé avec quelques ouvriers une fabrique de tuiles et de briques au lieu dit «Le Maizeret» ; sous la cour de l’ancienne tuilerie subsistent les fondations du 1er four.

La tuilerie du Maizeret avant-guerre

Ensuite, juste avant la guerre de 14-18, c’est M. COURTADON, qui a racheté l’affaire en la faisant passer du stade artisanal au stade industriel, notamment par la construction d’un four «à feu continu» qui n’a été détruit qu’en 1984, et la mise en place d’une machine à vapeur que l’auteur se souvient d’avoir vue.

La tuilerie du MaizeretEnfin M. COURTADON a cédé la tuilerie en 1934. De cette période jusqu’aux années 69, l’usine employait une quinzaine de personnes, pour à partir de cette date fournir un emploi à une soixantaine de salariés.

En 1944, elle a été détruite presqu’entièrement, reconstruite et modernisée au fil des temps et arrêtée en 82.

Le four dont il est question a rendu de grands services en abritant pendant les 15 premiers jours du débarquement, les habitants du hameau du Maizeret.

La voûte du four avait été consolidée par des étais et protégée par des planchers du bâtiment qui l’abritaient et a résisté au bombardement.

Tuilerie du Maizeret

La tuilerie du Maizeret après guerre